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quartier des palmiers

  • MACRON:"Pour une Europe à plusieurs vitesses."

    Emmanuel MACRON :

    A court terme, il faut restaurer un vrai dialogue franco-allemand, c'est ce que j'ai dit à la chancelière quand je l'ai rencontrée à Berlin. Après l'élection allemande de l'automne, on verra si l'Allemagne est prête à avancer. C'est mon souhait. Ensuite, on l'élargit à nos partenaires européens qui veulent avancer, dont l'Italie bien sür. Pour conforter cette dynamique, on lance des conventions démocratiques dans les vingt-sept pays, des sortes d'états généraux pour associer les citoyens à ce nouvel élan européen, répondre à leurs priorités. Le mode de décision actuel est fatigué. Il y a une envie de démocratie européenne. Les gens ne veulent pas moins d'Europe. Ils veulent une Europe qui fonctionne.

    Source : exrait d'une interview d'Emmanuel Macron accordée à des journalistes de « Libération » et de « la Repubblica » et publiée intégralement dans « La Libre » de ce 24 mars 2017, veille des 60 ans des traités de Rome.

  • Expérience intéressante en Amérique centrale.

    Les descendants des Mayas tracent une nouvelle voie.

     

    Sur les hauteurs de l'Altiplano du Guatemala, dans la région de Solola, don José et son épouse Sibélia contemplent leur milpa, leur champ de maïs. A flanc de montagne, la plante sacrée, base de la civilisation maya, s'étend en de longues ondulations épousant le relief.Au loin, enserré dans un collier de volcans, le lac Attitlan scintille en reflets bleutés qui se mêlent aux « mille et une nuances de vert », caractéristiques des paysages du « pays de l'éternel printemps. »

     

    Une des plus brillantes civilisations du monde.

     

    Derrière cette image idyllique, il y a pourtant une histoire tumultueuse, c'est celle des « hommes et des femmes du maïs », les Mayas, héritiers d'une des plus brillantes civilisations du monde, mais qui, colonisés, brutalisés, exploités ont aujourd'hui été repoussés sur les parcelles de terre les plus ingrates du pays. La colonisation, puis la guerre civile des années 80-90 ont marqué au fer rouge du génocide ces populations indigènes, aujourd'hui encore victimes de racisme et de discriminations, alors qu'elles représentent pourtant plus de la moitié de la population du pays ;

     

    Les savoirs ancestraux.

     

    Il a fallu du courage et de la résilience à ces communautés pour résister et continuer à exister.

    Cette force, elles l'ont puisée dans leurs savoirs ancestraux qui leur ont permis de dominer un environnement hostile, mais aussi dans une spiritualité intense inspirée par leur »cosmovision » : pour les Mayas comme Sibélia et José, l'homme et la nature sont complémentaires, ils forment un tout. Détruire la nature revient donc à détruire l'humain en même temps. Au coeur de cette philosophie se trouvent des principes d'équilibre, d'harmonie et de réciprocité qui guident l'action des paysans et qui, en ces temps de crise écologique et sociale globale, résonnent bien au-delà du Guatemala.

     

    Le « bien vivre ».

     

    En effet, face à un modèle économique dominant qui prônent l'exploitation des ressources naturelles jusqu'à l'épuisement de la Terre et des Hommes, cette vision du monde ancestrale qu'on appelle aujourd'hui le buen vivir – le bien vivre – pourrait s'imposer comme un véritable (contre-)modèle à la logique du « développement », y compris en Occident.

    A noter qu'aujourd'hui, le buen vivir est une vision d'avenir qui se retrouve au coeur des objectifs de développement de nombreux pays. Il est même inscrit tel quel dans les nouvelles constitutions de l'Equateur et de la Bolivie.

     

    (...)A l'autre bout du monde, des populations comme les Mayas ont tenté une définition spécifique du « bien vivre ». Puisant ses racines dans les sagesses ancestrales des Andes ou des Caraïbes, le buen vivir met en évidence les liens entre notre bien-être et nos écosystèmes. ( ...)

     

    Pour ces indigènes, la prospérité n'est pas liée au compte en banque ou à une carte de crédit, mais bien à la fertilité de la Terre. Et cette fertilité, ils en prennent bien soin : avec une parcelle de moins d'un quart d'hectare, ils parviennent à nourrir leur famille composée de dix personnes (cas de Don José et Dona Sibélia). Leur recette : l'agroécologie des « parcelas integrales ». Ici, pas question d'engrais et de pesticides chimiques, de semences OGM ou industrielles. Optimalisant le moindre mètre carré, le couple est parvenu à transformer son exploitation en un petit jardin d'Eden où tout est organisé, intégré, pour minimaliser les intrants (coüteux) et maximaliser la production. La petite ferme est ainsi devenue un véritable écosystème où champs de maïs, jardin potager, compost, enclos à animaux, pépinière sont interdépendants. En commercialisant leurs surplus de production sur les marchés locaux par le biais d'une coopérative, José et Sibélia ont également réussi à améliorer leur quotidien et à payer la scolarisation de leurs enfants. Alors que dans lemodèle « classique », ils auraient sans doute dû lourement s'endetter pour acquérir les outils et les intrants nécessaires à une exploitation intensive, pour ensuite se retrouver dépendants des fluctuations des prix des matières premières sur les marchés internationaux...

     

    (Source : de larges extraits d'un article de François LETOCART ; lire la suite dans l'hebdomadaire « DIMANCHE » N°12, du 26 mars 2017, page 7).

  • Vers une Europe à plusieurs vitesses.

    Ce 25 mars 2017, Le Traité de Rome, fondement de la future Union Européenne, aura soixante ans.
    La Commission européenne a publié un Livre blanc (32 pages) qui décrit cinq scénarios possibles pour l'avenir de l'Europe.

    La troisième option de ce Livre blanc propose que ceux qui veulent plus fassent plus. Une Europe à plusieurs vitesses se mettrait alors en place, où certains avanceraient dans les domaines sociaux et économiques, tandis que d'autres se contenteraient de l'état actuel de la réglementation européenne.

    Ce scénario se révèle être le plus apprécié par les politiques europhiles, et en même temps le plus décrié. « Nous ne pouvons tolérer la moindre discrimination autorisant un morcellement de l'union en divers clubs », a par exemple réagi Philippe Lamberts, le co-président du groupe parlementaire des Verts.

    Cette solution nous semble la plus adéquate, vu le degré d'hétérogénéité des différents pays qui composent l'Union européenne en ce moment : diversité géographique, démographique, sociale, etc. Donnons du temps au temps. Attendons que nos pays se développent à l'unisson, qu'ils soient au même diapason ; aidons les nations les moins développées à rattraper leur retard, sans pour autant freiner les contrées les plus avant-gardistes, les « locomotives » qui devancent tous les progrès. Il ne faudrait quand même pas non plus que l'Europe soit une escadre où l'ordre de marche est celui du vaisseau le plus lent. Va donc pour cette troisième option.