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  • A mille lieues de la société de consommation

    J'ignorais totalement en 1942 ce qu'étaient les oranges, les mandarines,les bananes, le pain blanc... L'affreux et grossier pain gris - seul disponible - n'avait rien d'un produit de qualité, diététique ou bio. On s'en lassait vite. Mais il fallait s'en contenter. Nous étions au régime malgré nous, à mille milles de la société de consommation. C'était le règne de l'ERSATZ, c'est-à-dire de produits de substituton, de remplacement.

    On se chauffait avec du mauvais charbon - du "schlamm" - qui brûlait très mal. La fumée envahissait les pièces d'habitation, on avait froid car il fallait ouvrir les fenêtres. Si, en plus, il y avait des coupures de gaz, le dîner ne cuisait pas. On mangeait parfois en pleine après-midi.

    A l'école, c'était le même topo. L'instituteur nous demandait de mettre nos manteaux et de marcher en rond dans la classe parce que c'était l'hiver et que le poêle enfumait la pièce.

    Lord Jim

  • La malbouffe, vous connaissez ?

    Au chapitre des aspects néfastes, négatifs et contraignants de l'occupation, figure le simple fait de s'alimenter. Il n'existait aucun problème de surpondération, d'embonpoint - encore moins d'obésité. Dans les villes nous étions tous maigres. Pour avoir accès à de la nourriture dans le smagasins (petits commerces, car il n'y avait pas encore de grandes  surfaces ou de supérettes), il fallait d'abord se procurer des timbres de ravitaillement aux buraux des administrations communales. On avait droit par famille à un nombre limité, contingenté de pain, de margarine, etc. Pour améliorer l'ordinaire, il fallait soit recourir au marché noir, soit se ravitailler dans les campagnes. Un oeuf  de poule, un litre de lait entier pouvaient coûter très cher. Et dans le sgares, les gendarmes et les Allemands inspectaient  le contenu des valises. Un repas constitué d'un ou deux oeufs mollets accompagnés de pommes de terre nature arrosées de lait nous apparaissaient comme un festin royal. Les fermiers étaient privilégiés par rapport aux citadins. Dans les fermes on trouvait de tout... moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

  • V1 en nocturne

    Subsoniques, les V1 pouvaient être abattus en vol par la chasse alliée au-dessus des espaces inhabités. Avec leurs ailes courtes, ils ressemblaient davantage à un avion qu'à une fusée ou un missile (comme leSCUD, le Minuteman ou le PATRIOT). Certains V1 spécialement aménagés furent d'ailleurs pilotés, notamment par Hannah REITSCH, aviatrice très courageuse.

    La nuit, le V1 était nettement visible : on distinguait à l'arrière la courte flamme du pulsoréacteur. Si on était au lit, en l'entendant arriver, on retenait sa respiration jusqu'à ce qu'ilse soit éloigné. Parfois, on percevait le bruit de l'explosion... - Il a dù tomber sur Ixelles.