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  • Un champ de patates

    Présentement, à Woluwe St Pierre, l’avenue Vandendriesche -  à quelques encâblures de l’avenue Jules César et de l’avenue de Tervuren – est entièrement bâtie. Tout le quartier est bordé de belles maisons modernes.

    Pendant la guerre, tout cela  n’était que lopins de terre cultivés par tout un chacun. Mon père y avait un champ de patates. Je l’avais accompagné et ce midi-là, nous mangions nos tartines, au grand air et dans la verdure. Quand cela « passait » moins bien, nous buvions une ou deux gorgées de café provenant d’une bonne gourde.

    Un autre jour, nous avons vu progresser des soldats allemands à l’exercice, courant tant bien que mal avec tout leur barda  sur le dos, commandés par un instructeur. Ce qui a tout de suite frappé mon père, c’est que c’étaient des hommes plus âgés (peut-être la cinquantaine) : de vieilles badernes. On faisait appel pour les entraîner, aux dernières réserves.  Comme aurait dit Talleyrand « C’est le commencement de la fin ».

    De ce champ de pommes de terre, on devait voir le couvent  du Chant d’Oiseau (Vogelsang), situé sur l’autre versant. Mais l’église actuelle de Notre-Dame  médiatrice de toutes les Grâces n’était pas encore bâtie. Plus tard, j’ai vu des moines franciscains participer activement à sa construction.

    Après la Libération , en 1945, du même champ nous avons aperçu de nombreuses escadrilles de bombardiers alliés  se dirigeant vers l’Allemagne pour achever l’écrasement du IIIe Reich.

    Lord Jim

  • Mister PRESIDENT

    A la mort du  32 eme Président des Etats-Unis, en avril 1945, le frère directeur Antoine nous donna une leçon de formation civique.

    F.D. Roosevelt, diplomé de la prestigieuse université de Harvard, a été avocat et est devenu Gouverneur de New York en 1929 et élu Président des USA en 1932. L’année 1929 fut celle de la grande crise économique. Le Président s’entoura d’économistes et lança le New Deal : un programme économique et social destiné à combattre les difficultés du pays. Dès mars 1941, face à la guerre en Europe, il prit des mesures pour aider les combattants de la liberté. Le 7 décembre 1941 l’attaque des Japonais à Pearl Harbor entraîna l’entrée des Etats-Unis dans la guerre et la fin définitive de sa neutralité.

    Au passif, on regrettera la participation du Président à la conférence de Yalta, qui concédera des avancées catastrophiques en faveur de Staline, au détriment de l’Europe orientale.

    Le frère Antoine nous réunit en rangs dans la cour de récréation et prononça un discours qui recueillit les applaudissements des voisins du quartier venus l’écouter  à leur fenêtre. Il nous fit défiler au son d’hymnes nationaux ou martiaux émanant d’un tourne-disque en plein air.

    Rentrés à la maison ce soir-là nous avions pour devoir de dessiner un drapeau américain. Ce qui n’alla pas sans mal. Il était difficile de tracer ces fichues cinquante étoiles  du pavillon US et désespérant de réussir à mettre convenablement sur papier ces glorieuses « stars and  stripes ».

    Lord Jim

  • Dehors ! (raus !)

    Jadis, non loin du carrefour du boulevard Saint-Michel  et de la rue baron de Castro, se trouvait le terminus des trams 23 et 26.

    Le 26 partait vers les casernes, notamment la caserne Rolin et tous ces soldats, puis prenait la chaussée de Wavre vers le grand carrefour de la Chasse et après avoir parcouru l’avenue d’Auderghem, arrivait au rond-point de la rue de la Loi , actuellement au voisinage du Berlaymont.

    Je préférais , et de loin, le trajet du 23 qui partait en sens opposé, arrivait à l’actuel  square Montgomery, puis à l’avenue de Tervuren et offrait une vue sur l’arcade du Cinquantenaire – avec, à l’avant-plan, un beau jet d’eau. Ensuite, le 23 longeait les prestigieux musées d’Art et d’Histoire et le merveilleux parc du Cinquantenaire, vaste et arboré, où il y avait toute la place voulue pour courir et jouer en toute sécurité. Il y faisait d’ailleurs beaucoup plus calme que présentement : le tunnel pour voitures n’était pas encore creusé.

    Un matin, sous l’Occupation, au terminus, un peloton de soldats allemands (peut-être armés et casqués) avait fait halte sur l’asphalte bombé du boulevard St Michel (actuellement  Louis Schmidt) – peut –être après avoir marché en chantant. Toujours est-il que le gradé du peloton fit sortir des rangs un soldat : raus ! (dehors !)  Il a dû se faire gauler et peut-être punir. Dans le tram, les gens faisaient des réflexions à haute voix. Mais le tram s’est mis en route et nous ne connaîtrons jamais la suite.