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  • Cinéphile

    Ma vie de cinéphile commence avec la rencontre, dans le cadre d’un groupe de jeunes du collège St Boniface, de M. De Bongnie, journaliste à la revue « Amis du Film et de la TV  ». Ce jour-là, dans les années cinquante, il a fait  pour nous, le point, le panorama même de tous les cinéastes valables et remarquables de l’époque. Le classement  a été fait par pays. Par exemple, pour les Etats-Unis, ont été cités les réalisateurs John Huston et Robert Aldrich. Pour la France , Clouzot et Bresson. En ce qui concerne l’Espagne, on  relevait le nom de J.A. Bardem et pour l’Italie, Fellini évidemment.

    Le collège St Michel offrait dans sa grande salle la vision de films pour cinéphiles, suivis d’un débat qui portait à la fois sur le fond et la forme. M . De Bongnie  animait la discussion, posait des questions. Je me souviens ainsi de films comme  « Mort d’un cycliste » de Bardem et « Le dernier pont » qui se déroule pendant la guerre 40-45 et montre des partisans aux prises avec les Allemands, avec comme actrice la jolie Maria Schell . C’était un film de H. Koetner.

    Après cela,  abonné à la revue « Amis du Film et de la TV  », j’étais armé pour découvrir les nouveautés sur les grands écrans  ou les films anciens qui passaient à l’ Arenberg ou au Musée du Cinéma (près du Palais des Beaux-Arts).

    Lord Jim

  • Ambiance dans le tram 35

    On est aux alentours de l’année 1950. J’ai 14 ans. Ma voix mue.  Dans le tram 35 monte  un autre élève du secondaire. Le receveur, en  contrôlant l’abonnement du garçon, aperçoit, dans un coin du document, une vignette : « Pour qu’il revienne » (Le Roi Léopold  III  en exil). Le receveur devient très nerveux et se fâche.

    Sur la plate-forme, calmement, un jeune adulte  s’adresse au receveur : « Monsieur, il faut être poli avec les voyageurs ».  Le receveur répond « Oui monsieur » et se calme instantanément.

    L’incident est clos.

  • Les casernes d'Etterbeek

    Commençons par la caserne Rolin. L’entrée était gardée d’abord par un milicien armé d’une mitraillette Sten. Plus tard, par un militaire de carrière portant brassard « RP » (police militaire). Cette grande bâtisse en briques, où l’on pouvait  parfois apercevoir un salut au drapeau,  a servi notamment de relais pour des militaires en transit. Mais d’après des photos, lors de la guerre de1914-1918, elle abritait dans sa cour, de l’artillerie autrichienne de très lourd calibre.

    En prenant à droite, au carrefour du boulevard Louis Schmidt, sur la chaussée de Wavre, puis à gauche,  on arrivait  aux 31 Ets  QM.  J’y ai accompli dix de mes douze mois de mon service militaire.  31 Ets QM signifie : trente et unième  établissements Quartier Maître,

    C’est-à-dire la Logistique ou anciennement : l’Intendance et les Transports. Nous étions concernés par l’habillement : les uniformes étaient distribués ou réparés par des tailleurs. Dans nos attributions on trouvait aussi le MCL (Magasin de Carburants Liquides), soit des jerrycans (bidons d’essence). Il y avait une installation de blanchisserie avec sa haute cheminée, visible de tout le quartier.  Un vieux cordonnier pouvait, à partir de pièces de cuir, fabriquer entièrement une paire de bottines sur mesure. A la vue de nos semelles, il pouvait déceler des traits de notre tempérament.

    Simple soldat, j’ai pu me rendre utile comme secrétaire à l’Etat-Major.  Le chef de Corps m’a même proposé d’aller présenter des uniformes au Danemark. Mais comme je mesure 1m80, j’étais trop grand. La taille moyenne des Danois est plus petite.

    Dans la chambrée, nous dormions sur d’excellents matelas. Nous nous disions tous que si nous le pouvions, à la fin du service, nous prendrions bien notre « couchage » à la maison.

    Voilà, j’étais un beau soldat . Et je ne regrette pas cette expérience humaine qu’ a été mon service militaire. J’étais pourtant dans un milieu très mêlé avec des gars des Marolles et des Bas-Fonds.

    Lord Jim