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  • Dans le décor...

    En fin d’année en première candidature à l’ICHEC, j’ai échoué à la première session d’examens fin juin 1955… Sortie de piste, j’étais dans le décor…

    En juillet, j’ai participé à un camp, exerçant au pied levé, le « métier » de moniteur. Je devenais responsable d’une équipe de quelque dix jeunes garçons, âgés de dix ans environ.

    J’organisais des activités. N’ayant jamais été louveteau ni scout, j’ai beaucoup appris sur le plan humain, social… J’avais 19 ans. Pour la première fois, j’étais responsable d’une équipe.

    Et puis, il y avait ces feux de camp, où l’on avait chaud au cœur… Nous animions le château de Haltinne  (province de Namur) et son vaste parc. Début juillet, les jours sont encore longs et le temps était beau. Notre aumônier était l’abbé Besançon, grand ami des jeunes et professeur à l’Institut St Boniface. Je vivais une fraternité avec les autres moniteurs : nous nous entraidions.

    Et puis, il a fallu reprendre d’autres rênes, rentrer à Bruxelles. Heureusement, j’étais très amoureux d’une jeune fille de mon cours. Ce fut un amour porteur, qui m’a incité à me dépasser. Par exemple, lors d’une promenade à Haltinne, un de mes garçons boitait. Je l’ai porté sur mon dos. En songeant tout le temps à la « dame de mes pensées ». Surtout, je me suis enchaîné à ma table de travail pendant sept semaines. Et j’ai « cravaché » pour assimiler mes cours. Cela demandait autant de volonté que d’intelligence. Je voulais revoir la fille et donc passer en seconde candidature avec elle. J’ai réussi brillamment, même en mathématiques, matière que j’ai pu dompter, domestiquer, maîtriser. Ce sont de belles

    victoires humaines…

    Lord Jim

  • En bonne compagnie

    Je voudrais  m’exprimer ici au sujet d’un sentiment agréable et peut-être subtil, car certains ne le ressentirons pas.

    Nous étions mon père et moi (enfant) dans le tram 35 (pas le tram 33, cher aux admirateurs de Jacques Brel). Le 35 qui en contournant le cœur de Bruxelles, reliait Auderghem à Berchem Ste Agathe – où habitaient mes grand-parents paternels.

    Justement, voilà que peu avant la gare du Midi, mon grand-père et parrain est monté dans notre véhicule et est venu s’asseoir à côté de nous. Alors, le fait d’être ensemble, mon parrain, mon père et moi, donnait je ne sais quelle impression de « protection ».

    Mon parrain a, toutes choses restant égales – comme disent les économistes -  fait une carrière

    « à l’américaine ». Jeune commis aux écritures, il s’est hissé en fin de parcours au grade  de directeur adjoint à « l’Office des Chèques Postaux » (actuellement la Banque de La Poste ).Je suis donc le petit-fils d’un grand postier. (Il est mort en 1949).

    Plus tard, bien plus tard, adulte, je découvris , avec des collègues de notre direction – quand notre chef prenait l’ascenseur avec nous et allait être présent toute la journée – un sentiment semblable : ce jour là, nous ne serions pas « orphelins ». Le directeur concerné nous défendait face à l’arbitraire et aux surprises désagréables que pouvait recéler l’activité d’une entreprise de plus de 200 personnes.  C’est la vie, n’importe où, il peut y avoir des  frictions, etc. Il faut préciser que le directeur en question  avait tout à la fois autorité, compétence, un ascendant non contesté et une intelligence très supérieure.

    Lord Jim

  • Le cerisier

    Au milieu de notre jardin, grandissait un magnifique cerisier haut, grand et vigoureux. Le diamètre de son tronc était respectable. L’arbre déployait son feuillage largement au-dessus de la pelouse. Sur une branche oblique, j’ai pu accrocher  en deux endroits  une corde qui est devenue une balançoire.

    Au printemps, ce cerisier devenait un bouquet blanc géant. Il fleurissait avec un peu de retard ou d’avance sur deux autres grands cerisiers semblables, croissant à gauche et à droite dans les jardins voisins. On pouvait alors admirer la splendeur de la nature, de la vie généreuse et belle.

    Début juillet, c’est-à-dire au commencement des grandes vacances scolaires, je montais sur une échelle-escabeau pour cueillir les bons bigarreaux rouges et jaunes. Je grimpais aussi sur les tuiles brunes du mur mitoyen blanc, accompagné de mon panier à anse. Les grandes feuilles vertes me protégeaient de l’ardeur du soleil estival. J’avais une belle vue sur le voisinage et – en ce temps de vacances – une euphorique sensation de liberté.

    Une année, la récolte était à ce point abondante que mes parents ou ma marraine ont vendu de ces délectables cerises à des voisins et des connaissances. Si je me rappelle bien, au prix de 18 francs belges le kilo.

    Mais voilà, au cours d’une affreuse nuit de tempête, le vent a « tué » notre cerisier. Il était abattu et nous aussi.

    Lord Jim