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  • L'euphorie de la Libération

    Des jeunes nous demandent ce qu’était la seconde guerre mondiale en Belgique.  Dans les grandes villes les gens ont beaucoup souffert de quatre ans d’Occupation. Il faudrait des pages  pour décrire le lourd climat qui pesait sur le pays : les contraintes dues au fait de l’armée allemande, les privations dues au manque de nourriture, la peur, les arrestations, les bombardements, le manque de liberté d’aller et venir…

    Alors, a contrario, dès la Libération de Bruxelles, début septembre 1944, et tout au long de l’automne de l’automne 44, une immense euphorie s’emparera de la population. Je n’ai plus jamais retrouvé une telle ambiance. Dans la capitale, un phénomène répétitif durera, persistera pendant des semaines et des mois : à chaque passage dans les rues d’une colonne militaire – chars, autres blindés, camions, jeeps, etc. – de détachements   britanniques, américains, canadiens, belges, la population spontanément exprimera, criera sa sympathie et avec quel élan, quel enthousiasme !  On levait le pouce en signe d’encouragement ou on faisait de deux doigts le signe V de la Victoire. En retour, les soldats saluaient, répondaient et jetaient parfois des bonbons aux enfants

    Combien de camions GMC  bâchés n’avons-vous vus bourrés de GI’s ?  Et de chars « Sherman » eux aussi marqués de l’étoile blanche des Etats-Unis d’Amérique ?  Et de jeeps Willys – véhicule tous-terrains révolutionnaire pour l’époque, l’ancêtre de tous nos 4 fois 4 ?

    En réalité, cette voiture de reconnaissance, si génialement conçue,  pouvait être armée de mitrailleuses, tracter un canon, devenir ambulance ou voiture radio (avec sa grande antenne), etc. Rien de tel pour se remettre dans l’ambiance de cette époque que d’écouter un disque de Glenn Miller et tout particulièrement « American Patrol »

    LORD JIM

  • C'est mal barré

    Dix soldats français sont morts à l’Est de Kaboul. Il en tombera encore. On ne contrôle pas l’Afghanistan, on ne maîtrise pas cette région  si on n’est pas du pays. Les troupes soviétiques ont dû renoncer alors qu’elles alignaient des soldats aguerris et étaient déjà équipées de matériel lourd. Ni les Etats-Unis ni l’OTAN ne domineront cette contrée aride, montagneuse et recélant quantités  de traquenards, de refuges et de repaires imprenables.

    L’Occident aurait une chance s’il pouvait compter sur un guide-combattant, fin stratège, expérimenté et connaissant à fond le terrain et… l’ennemi. Un tel homme a existé : c’était le commandant Massoud, le valeureux « Lion du Panchir », assassiné le 9 septembre 2001. Fait très vite occulté, éclipsé par l’horrible tragédie-carnage du 11 septembre 2001.

    Aujourd’hui, les talibans afghans et pakistanais  et al Qaeda ont de beaux jours devant eux.

    L’Afghanistan sera pire que le Vietnam et l’Irak. Nous nous y casserons les dents face à des hostilités de type guerre classique, de combats de guérilla et d’innombrables attentats.

    Que ferez vous M. Obama ? ou M. Mac Cain ? Que feront les dirigeants du Pakistan ?

    Lord Jim

  • Un coin d'Etterbeek

    Si, à Etterbeek, au boulevard Louis Schmidt, vous prenez la rue Aviateur Thieffry ou la rue de Tervaete, vous arriverez à la grande église en briques rouges de Notre-Dame du Sacré Cœur, qui regroupait pas mal de paroissiens dans les années quarante- cinquante.

    Sous l’Occupation, j’étais à l’école primaire, rue Bruylants (près de la place du Roi Vainqueur). Nous nous rendions à la messe dans cette église tous les dimanches et  le premier vendredi du mois.

    Pendant la guerre, on nous faisait prier et chanter pour le roi Léopold  III :

    « Tu nous l’avais donné, Seigneur

        Pour modèle et pour guide,  etc. »

    Pour communier, nous nous agenouillions sur le banc de communion, en plaçant les mains sous la nappe immaculée. Le prêtre nous donnait l’hostie sur la langue en prononçant une formule en latin.

    Vu que la paroisse était très peuplée, elle était desservie par un curé et deux vicaires. Le dimanche, l’église était remplie.

    Il y avait évidemment des œuvres paroissiales. Ma sœur faisait partie de la Croisade Eucharistique. Un mouvement semblable à celui des guides de Baden Powell, mais plus centré sur la vie spirituelle : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre ».

    L’école (pour garçons) des Frères des Ecoles chrétiennes avait à sa tête, un homme très énergique : le Frère Antoine qui dirigeait une équipe d’instituteurs francophones et flamands assurant l’enseignement primaire et un « quatrième degré » (c’est-à-dire une classe complémentaire)

    La discipline était sévère. A la fin de la récréation, les élèves s’alignaient en rangs – chaque  écolier se plaçant à une distance de deux dalles du camarade qui le précédait. Silence absolu.

    A l’époque, de bonnes études primaires constituaient déjà une bonne formation, suffisante pour beaucoup pour le restant de leur vie. Le programme comprenait notamment : l’arithmétique, la grammaire française, le néerlandais, l’histoire de Belgique, la géographie,

    les  sciences naturelles, le dessin, l’histoire sainte,  etc.

    L’école des Frères jouxtait l’école des filles, dirigée par des religieuses de l’ordre des Trinitaires.

    Pour aller à mon école et en revenir, je faisais un détour par cette école des filles pour conduire ma petite sœur (en lui tenant bien la main) et la rechercher. Quand elle traînait les pieds et n’avançait pas, je lui racontais une histoire. Nous parcourions ainsi, à pied, plusieurs kilomètres par jour. Pas de bus scolaires, ni de vélos, ni encore moins de voitures. De la marche sous le soleil, la pluie, le vent, le gel, parfois la neige (et là certains venaient en sabots) .Mais cela formait notre musculature et consolidait notre jeune squelette. Et on ne parlait pas de CO2, ni d’autres formes de pollution, ni de drogues, ni de sexe, ni de rackets…

    LORD JIM