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  • Une force invisible

     

    Début avril 1945, les SS décidèrent d'évacuer une partie du camp de Buchenwald. Les prisonniers étaient embarqués dans des wagons de marchandises, à 90 ou 100 hommes par wagon. Un voyage de 21 jours. Chaque soir, il fallait sortir les morts des wagons. Dans un des wagons, quatre frères franciscains, l'un d'eux à la dernière extrémité. Tandis qu'il se mourait, le cantique de FRERE SOLEIL de François d'Assise vint spontanément aux lèvres des trois autres. Une force invisible les portait. C'est elle qui chantait en eux.

    Vivre son destin comme un mystère.

    « Un geste insensé de notre part ? Comment pourrions-nous chanter un tel chant en un tel moment ? Et pourtant, c'était le seul langage qui nous paraissait convenir à la démesure de ce que nous vivions. Nos voix à peine audibles s'élevaient comme un souffle fragile. Ce n'était qu'un filet de voix, écrasé par le roulement du train et du destin. Mais c'était le chant de l'univers. Nous chantions la splendeur de la création, la lumière, la vie, la grande fraternité cosmique et humaine (...)

    « La force invisible qui s'exprimait dans ce chant nous faisait vivre notre destin, en cet instant, comme un mystère. Vivre son destin comme un mystère, c'est percevoir en lui une densité de signification qui dépasse les événements eux-mêmes. On se sent soudain porté par une main toute-puissante. Celui-là vit en plénitude qui vit son destin comme un mystère. Ce fut un moment unique. Une sorte de visitation d'en haut. Un rayon de soleil dans le brouillard. « 

    (extrait de la revue mensuelle « Fidélité » numéro 2 de février 2009, page 10)

  • Frère Soleil

     

    Très haut, tout puissant, bon Seigneur,

    à toi les louanges, la gloire et l'honneur et toute bénédiction.

    A toi seul, Très-Haut, ils conviennent

    et nul homme n'est digne de te nommer

     

    Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,

    spécialement messire frère soleil,

    qui est le jour, et par lui tu nous illumines.

    Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,

    de toi, Très-Haut, il porte le signe.

     

    Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur lune et les étoiles,

    dans le ciel tu les as formées claires, précieuses et belles

     

    Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère vent,

    et pour l'air et le nuage et le ciel serein et tous les temps,

    par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

     

    Loué sois-tu Seigneur, pour soeur eau,

    qui est très utile et humble, et précieuse et chaste.

     

    Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère feu,

    par lequel tu illumines la nuit,

    et ils est beau et joyeux, et robuste et fort.

     

    Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la terre,

    qui nous soutient et nous gouverne,

    et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l'herbe.

     

    Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mort corporelle,

    à qui nul homme vivant ne peut échapper.

     

    Louez et bénissez mon Seigneur,

    et rendez-lui grâces

    et servez-le avec grande humilité

     

    François d'Assise

  • Le virus noir

     

    Ma petite voiture électrique était tombée en panne dans la nuit, en rase campagne. Je commis l'ereur de sortir et d'ouvrir le capot pour examiner les batteries. C'est à ce moment que je me sentis enlevé et « chloroformé » par les petits hommes blancs fantomatiques.

    Quand je revins à moi, j'étais au milieu d'eux, confortablement installé dans un engin circulaire de toute beauté qui ronronnait et sifflait doucement. Que m'arrivait-il ? J'étais en apesanteur. Effet curieux, euphorique. En tous cas, les petits occupants de l'appareil étaient bien renseignés. M'ayant « capturé » près de Gembloux, en Wallonie, ils communiquèrent avec moi dans ma langue: celle de Voltaire et de Chateaubriand.

    • Nous ne vous voulons que du bien, c'est une rencontre que vous appelez « du troisième type », les entendis-je affirmer par l'intermédiaire des écouteurs dont ils m'avaient coiffés. Nous vous ramènerons bientôt sur votre planète qui est la plus belle du système solaire. Je leur demandai quand même de se mettre en contact avec mon club de fitness, histoire de rassurer ma tendre moitié. Cette demande fut acceptée, puis ils entrèrent dans le vif du sujet.

    • Vous les Terriens, vous évoluez dangereusement, me fit-on remarquer. Vous multipliez les escadres navales et aériennes de combat, les blindés, les mégatonnes, vous infestez même l'espace, de certains satellites qui n'ont rien de pacifique. Quelle race êtes-vous donc? Ne seriez-vous pas des barbares mécanisés, informatisés ? Vous savez pourtant que vos civilisations sont mortelles...

    • Ils connaissaient tout de notre histoire, de nos politiques, de nos sociétés. Ils savaient que les dépenses du Pentagone, que les débours militaires mondiaux sont astronomiques et continuent de croître de manière folle.

    • L'homme est resté trop proche du prédateur, de la bête, me dirent-ils encore. Chez vous c'est toujours la loi dela jungle. Et la « lutte » pour la vie risque de détruire toute vie. Vous avez marché sur la lune, mais sur le plan de la concorde, de la fraternité, de l'entraide, vous n'avez pas dépassé le stade des balbutiements. Depuis Caïn, le « virus » noir de la haine et du meurtre n'a pas été vaincu. Il se transmet de génération en génération. Pourtant vous avez été visités par le Sauveur qui vous a donné la loi d'Amour pour autrui, et qui a payé de sa personne et de sa vie pour vous tous.

    • « Le fric, il n'y a que ça » entend-on dire sur terre. Ne pourriez-vous pas vous débarasser en tout ou partie du fardeau des budgets militaires et éradiquer le fléau de la violence ? Avec ces moyens financiers que ne pourriez-vous pas réaliser ?

    • Puis commença la projection d'un film, à vrai dire un kaléidoscope d'images.

    • Je vis tous les hommes de toutes les races de la terre manger à leur faim.Le Soudan était devenu le grenier du monde arabe.En Chine, en Inde et ailleurs, sur d'immense surfaces, l'agriculture était mécanisée et irriguée. Des satellites surveillaient les moissons. Les récoltes étaient soigneusement transportées sur le Nil, sur le Yang Tsé, sur le Gange, sur l'Amazone, etc. À bord d'immenses aéroglisseurs-cargos de la cinquième génération, puis distribuées ou ensilées de manière scientifique. Au Sahel, plus de bébés au ventre gonflé par la famine. Les déserts étaient fertilisés. Partout en zone tropicale, les piles photovoltaïques assuraient la fourniture d'énergie pour le pompage et le transport de l'eau. La mise en valeur des immenses richesses du Brésil, du Nigéria, de l'Indonésie, de la Sibérie débouchait sur un développement économique fabuleux. Même les habitants du Nord-Est brésilien, comme ceux des régions andines avaient accédé à des conditions de vie enfin humaines.

    • On disposait sur notre planète de vastes fonds de recherches destinés à découvrir et exploiter de nouvelles sources d'énergie et à combattre et éliminer la maladie: cancers en tous genres, sclérose en plaques, maladies à virus, du système nerveux, mentales, cardio-vasculaires, etc.

    • La médecine nouvelle combinait la médecine occidentale avec les techniques orientales, comme l'acupuncture, sans négliger de recueillir sagement l'apport des primitifs: par exemple, leur savoir en matière de plantes, leur pharmacopée.

    • La science franchissait de nouveaux seuils, mais dans un esprit « pastorien » c'est-à-dire non pas pour avilir, abaisser ou anéantir l'homme, mais au contraire pour le sauver, le délivrer, le grandir, l'ennoblir.

    • Les prix Nobel étaient décernés aux chercheurs mettant au point des méthodes en vue de détecter les grands cataclysmes (et si possible de limiter leurs effets): tremblements de terre, irruptions volcaniques, raz-de-marée, typhons, grandes sécheresses, etc. Et de combattre d'autres causes de mort: accidents de la route, incendies, naufrages, banditisme, accidents du travail..

    • On possédait des moyens multipliés pour réduire l'analphabétisme et permettre à tous et à toutes d'accéder à la culture, à l'art, à la beauté.

    • Les images suivantes semblaient avoir été filmées par quelque nouveau Victor Hugo pour chanter les « Nouveaux travailleurs de la mer »: ouvriers et ingénieurs pétroliers sur leur plate-forme de forage, « aquaculteurs » oeuvrant au royaume de Neptune, « énergéticiens » installants des aérogénérateurs ou captant l'énergie des marées et des courants marins, et aussi celle du gradient thermique, marins exploitant judicieusement les métaux des plateaux continentaux, équipages des méthaniers brise-glace ramenant leur cargaison de l'Antarctique.

    • Ensuite, je vis à Toulon, la double tombe monumentale – semblable à celle de Chateaubriand à St Malo – du Commandant Cousteau et d'Alain Bombard, ces géniaux marins protecteurs de la vie humaine et de la vie tout court, à qui l'on doit tant - et pas seulement l'inlassable lutte contre la pollution du sixième continent.

    • Un moment, l'écran se découpa en quatre images plus petites, montrant des scènes différentes projetées simultanément. On put voir le TGV « Shanghai Express » filant à du 405 km/h quelque part entre Pékin et Hong-Kong; des touristes se promenant en montgolfière au-dessus de la Grande Muraille de Chine; l'atterrissage au Khazakstan d'un gigantesque avion à aile épaisse ou « supercritique » et un Moscovite téléphonant successivement à Alma Ata, Vladivostok et New York et « recevant » chaque fois sur une vidéo l'image de son interlocuteur lointain.

    • Je lus encore ce slogan, écrit en plusieurs langues: « Cosmonautesde tous les pays unissez-vous ». Eh oui, si tous les gars du monde voulaient se donner la main, cela ferait bien des Apollo et des Soyouz à s'amarrer là-haut.

     

    XXX

    Je me réveillai dans la lumière du soleil levant. Avais-je rêvé ?? Ma voiture démarra sans hésitation. La fraîcheur de l'aube me fit éternuer. En tirant mon mouchoir de ma poche, je découvris... un diamant violet et vert, lumineux et scintillant de mille feux... Il faudra bien qu'on me croie

    LORD JIM

    Le texte qui précède a été rédigé avant 1986. Plusieurs éléments prémonitoires d'alors sont devenus des réalités de ce XXIe siècle. Texte écrit avant la Chute du Mur de Berlin, la multiplication des éoliennes, la fièvre du téléphone portable et de l'ordinateur personnel, d'Internet, le montage de la station spatiale internationale, etc;etc.