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  • La naissance du "Petit Prince"

     

    Dans son livre « La véritable histoire du Petit Prince », Alain Vircondelet raconte comment Saint Exupéry a conçu et créé son chef d'oeuvre de la littérature mondiale.

    Exilé à New York, l'écrivain et pilote Antoine de Saint Exupéry se morfond à Manhattan. En février 1942 paraît « Flight to Arras (Pilote de guerre). Son autre ouvrage « Terre des hommes », traduit sous le titre « Wind, Sand and Stars », a reçu le National Book Award 1939 et bénéficie d'un succès considérable.

    En février 1942, l'éditeur de Saint Exupéry, Eugène Reynal, lui propose d'écrire un conte pour enfants.

    Entre St Ex et Consuelo, son épouse, c'est une suite de ruptures et de retrouvailles. On les appelle les « enfants terribles « de New York.

    « Visionnaire, il (Saint Exupéry) diagnostique la fin de l'Histoire et du monde si l'homme abandonne Dieu. Cette tension qui s'empare de lui à cette époque lui souffle ce qui semble en réalité être sa dernière mission. Non pas celle qui consisterait à voler, à se battre, mais celle qui tenterait de sauver les hommes. Face à la société du profit et des robots, il vit cette certitude, cette foi, dans une ferveur obsessionnelle qui ne le quittera plus », écrit Vircondelet.

    La problématique de l'innocence détruite, ravagée par les fléaux du monde - « Mozart assassiné » - Saint Exupéry l'expérimente de manière intime, presque viscérale.

    Le héros du futur conte sera un petit garçon, un extraterrestre venu en visite pacifique sur la Terre, pla nète inhospitalière qu'il ne reconnaît plus, égaré dans un monde sans repères.

    L'écrivain est évidemment hanté par son enfance mythique et légendaire à Saint-Maurice-de- Rémens (région de Lyon). « Le Petit Prince du conte porte sur lui les stigmates de l'enfance d'Antoine ». Il n'est pas un enfant gâté, il connaît la douleur, la souffrance, la méchanceté des êtres humains.

    A aucun moment, affirme Vircondelet, Saint Exupéry ne pense inventer à propremnt parler une histoire et un personnage. « Le conte qu'il écrit est une mosaique, un puzzle, un fonds qu'il a gardé secret et qui, soudain, en cet été 42, été de tous les malheurs pour son pays, se révèle et accomplit toute sa vie d'écrivain ».

    Sous l'impulsion de Consuelo, le couple s'installe à la campagne à North Port dans une propriété appelée Bevin House. Saint Exupéry, déprimé, y rédige « Le Petit Prince » avec la complicité,la créativité et la tendresse de son épouse: ce sont les vrais parents du Petit Prince. Mais l'écrivain est

    tourmenté par la souffrance des Français vivant sous l'Occupation. Il se « ronge » de ne pas être acteur dans le déroulement de la guerre, de ne pas se donner à son pays. Bientôt, son honneur d'aristocrate – il est comte de Saint Exupéry – dévoué à servir son pays, l'obsédera.

    Au début de 1943, l'écrivain continue de harceler le haut commandement américain: il veut à nouveau voler, combattre l'ennemi nazi. « Il faut qu'on me tire dessus, que je me sente lavé. Que je me sente propre dans cette drôle de guerre » a-t-il dit.

    En mars 43, il reçoit enfin la confirmation de son départ. Ce sera ensuite l'arrivée en Afrique du Nord (où les Américains ont débarqué en novembre 1942) et l'entraînement sur le Lightning P-38, l'avion le plus rapide du monde à l'époque. Et ses nouvelles missions de guerre: de la reconnaissance photographique du territoire occupé, à dix mille mètres d'altitude, dans un avion sans armes autres que des caméras.

    Le 31 juillet 1944, il y a aujourd'hui – ce vendredi 31 juillet 2009 - exactement 65 ans, Antoine

    de Saint Exupéry disparaissait au cours d'une de ces missions de guerre, quelque part, au sud de la France, en Méditerranée.

    Pilote et écrivain, « c'est dans cette dualité que se situe tout le mystère de Saint Exupéry ». Quand il était aux commandes de son avion, il n'était pas seulement à son « boulot » de guerrier ou de « défricheur » des lignes aériennes, de pilote de transport dans l'Aéropostale ou encore dans son rôle de pilote de grand raid. « Il y ajoute une méditation car l'avion, c'est aussi la cellule monacale, le lieu de l'Esprit ».

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    Le tirage du « Petit Prince » se compare à ceux de la Bible ou du « Capital » de Marx: quatre-vingt millions d'exemplaires, plus de cent cinquante traductions...

    Un conte aux racines profondes pour éclairer, ravir, enchanter, susciter la réflexion et apprendre à aimer autrui, pour des milliards de lectrices et de lecteurs de la Terre des hommes.

    LORD JIM

    * Alain Vircondelet – La véritable histoire du Petit Prince – Flammarion - 2008- 221 pp.

  • La Brabançonne

     

    Restait à trouver un hymne. Ce fut la Brabançonne.. Elle naquit autour de la Monnaie et de « La Muette de Portici ». Une première version fut écrite fin août 1830 par l'ariste lyrique d'origine fra nçaise Louis -Alexandre Dechet, alias Jenneval. Il était présent le 25 août tout comme le violoniste et ténor François Van Campenhout qui en composa la musique. L'air serait chanté pour la première fois à la Monnaie lors de sa réouverture, le 12 septembre 1830 par le ténor Lafeuillade. Pareticularité: il évolua tout au long des semaines révolutionnaires. Dans sa première version, il y avait une allusion à l'orange qui fleurissait sur l'arbre de la liberté. Plutôt drôle quand on sait que l'ennemi à écarter était la famille de Nassau... mais tous les ponts n'étaient pas rompus avec le souverain hollandais. Une deuxième version s'adaptait aux évolutions politiques après l'entrée de Charles Rogier à Bruxelles. Une troisième vit le jour le 27 septembre lorsque la séparation était devenue inéluctable. Mais celle-ci trop belliqueuse ne convenait plus après la pacification entre le nord et le sud. En 1860, le chef du gouvernement et ministre de l'intérieur, Charles Rogier rédigea une nouvelle version...

    On n'en a gardé que la quatrième partie depuis une circulaire du ministre de l'Intérieur de 1926. La Brabançonne fut d'abord francophone mais évidemment, traduite. A noter que celle qui est toujours en vigueur en Flandre n'est plus une traduction à proprement parler mais une oeuvre originale modifiée une dernière fois en 1938.

    Ainsi se termine l'article de Chr. LAPORTE, concernant les symboles distinctifs de la Belgique, publié dans « La Libre Belgique » du 17 juillet 2006. Ajoutons encore que M. LAPORTE a reparcouru les travaux de Sébastien Dubois, auteur d'une thèse sur la Belgique d'avant la Belgique, et Jeroen Janssens, qui avaient remis ces symboles en perspective en 2005 aux Archives générales du Royaume...

  • Le drapeau belge

     

    Vu le succès remporté par la note précédente consacrée aux « Lions belges », nous publions ci-après une suite de l'article de Christian Laporte concernant les symboles distinctifs de la Belgique. Lord Jim.

    Deuxième symbole: le drapeau... Lorsque les Belges lancent leur « Hollanders buiten », ils n'ont pas encore de drapeau national à opposer à la bannière orange des Nassau. C'est pourquoi les Bruxellois arborent leurs propres couleurs alors dans l'ancienne Principauté de Liège, les couleurs rouge et or sont hissées. Par sympathie et par extension de la révolution dans l'Hexagone, le bleu, blanc, rouge a aussi son lot de supporters. Au coeur de l'été de 1830, l'on se situe un mois à peine après la chute de Charles X qui voulait restaurer l'ancien régime et supprimer la liberté de la presse. Un autre Roi le remplace mais Louis Philippe d'Orléans est un homme de son temps qui remplace le drapeau blanc à fleurs de lys par le tricolore révolutionnaire. Qu'on ne se méprenne donc pas: si l'on arbore le bleu blanc rouge, ce n'est pas pour réclamer l'annexion à la France. C'est essentiellement un signe de ralliement mais ça ne nous dit pas comment nos couleurs tricolores sont apparues... En fait, ce sont deux journalistes du « Courrier des Pays-Bas » qui allaient les imposer.Lorsque le 26 août 1830, Edouard Ducpétiaux et Lucien Jottrand apprennent qu'un drapeau français a été accroché à l'hôtel de ville de Bruxelles par un agitateur étranger, ils veulent l'arracher et le remplacer par celui de Brabant. La situation centrale de l'hôtel de ville fit que le soir, Bruxelles en ébullition avait fait siennes les couleurs de 1789. Pourquoi les couleurs brabançonnes furent-elles adoptées aussi rapidement ? Comme le lion, les trois couleurs se retrouvaient dans l'expression des particularismes provinciaux. Ainsi, il y avait un lion noir dans les armes de la Flandre et du comté de Namur, un lion rouge dans celles duHainaut, du Luxembourg et du Limbourg et un lion jaune dans celles du Brabant.

    Un pas supplémentaire fut franchi le 4 octobre avec la proclamation de l'indépendance qui portait que « les provinces de la Belgique, violemment détachées, constitueront un Etat indépendant ». Le drapeau brabançon allait être adopté comme « drapeau national » et comme « vénéré symbole de notre glorieuse révolution ». Mais dans quel sens fallait-il placer les trois couleurs ? On avait utilisé à la fois des drapeaux à bandes horizontales et à bandes verticales... L'armée et le gouvernement optèrent pour la présentation verticale avec le noir à la hampe. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme ! On peut penser que les autorités ont voulu se distancer d'un drapeau trop néerlandais et se rapprocher de celui de la France.

    Je répète que tout le texte qui précède est de la plume du journaliste CHRISTIAN LAPORTE et a été publié dans « La LIBRE BELGIQUE » du 17 juillet 2006.