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  • La misère et le soleil (CAMUS)

     

    Il y a quelques années, un journal m'avait demandé de « résumer ma pensée en un paragraphe ». Je ne saurais trouver meilleure illustration des efforts du sociologue pour explorer et décrire les chemins tortueux de l'expérience humaine que cette citation de Camus: » Il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l'entreprise, je voudrais ne jamais être infidèle ni à l'une ni aux autres ». Bien des auteurs de recettes pour le bonheur des hommes, plus radicaux et plus arrogants, dénonceraient cette profession de foi comme une incitation scandaleuse à jouer sur les deux tableaux. Mais Camus a prouvé, sans l'ombre d'un doute selon moi, que « choisir son camp » en sacrifiant une tâche pour (soi-disant) mieux accomplir l'autre finirait par les mettre toutes deux hors de portée. Lui-même se disait « placé à mi-distance de la misère et du soleil », ajoutant: « La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout. » Il s'avouait « pessimiste quant au destin humain, optimiste quant à l'homme », en lequel il voyait « la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est ». La liberté humaine, souligne-t-il, « n'offre qu'une chance d'être meilleur », et le seul moyen d'affronter un monde sans liberté est de devnir si absolument libre qu'on fasse de sa propre existence un acte de révolte.

    ZYGMUNT BAUMAN dans « Le Nouvel Observateur » n° 2350 (du 19 au 25 novembre 2009)-SPECIAL CAMUS (Son héritage intellectuel – Son rayonnement moral et politique, etc.)

  • Barbara

     

    Née en 235, sainte BARBE était la fille de Dioscore, un tyran de Nicomédie (Turquie actuelle), persécuteur des chrétiens. Lorsqu'il apprit que sa fille avait été baptisée, il lui ordonna d'abjurer et, devant son refus, l'emprisonna dans une tour, privée de nourriture, puis lui fit subir des tortures et finalement l'aurait décapitée lui-même; mais à ce moment, la foudre le frappa à mort. Pour ne pas utiliser son nom perse, on l'inhuma sous le nom de « Barbara », barbe en français, c'est-à-dire la barbare, l'étrangère. Fêtée le 4 décembre, sainte Barbe, enraison de cet épisode de la foudre, est la patronne des pompiers, artificiers, artilleurs, mineurs, carriers et en général les métiers dangereux. Ses attributs: une tour à 3 fenêtres, un éclair, un livre et la palme du martyre. Dans le langage de la marine, « la sainte-barbe » est la soute aux munition.

    (« Dimanche Paroissial) n°43 du 29 novembre 2009.

  • Eloi

     

    1er décembre: saint Eloi.- Son nom latin ELIGIUS, le prédestinait à devenir un élu de Dieu. Né près de Limoges en 588, il devint un orfèvre réputé. On raconte que le roi Dagobert lui confia une quantité d'or pour faire un trône et avec la matière reçue, il enfit deux. Devant cette honnêteté, le roi le prit comme intendant de son atelier monétaire. A la mort de saint Achaire (639), Eloi fut élevé au siège épiscopal de Noyon-Tournai et il fut un ardent apôtre de la foi dans les Flandres. Il mourut en 660 et fut tout de suite l'objet d'une grande vénération. Les légendes à son sujet font parfois fort: on raconte que, pour ferrer plus facilement un cheval, il lui avait enlevé la patte ! (et la remit tout aussi bien). De ce fait, ildevint le patron des chevaux et de ceux qui s'en occupent: fermiers, vétérinaires, et tous ceux qui travaillent le métal: carrossiers, garagistes, chaudronniers, couteliers, horlogers...On le représente habituellement avec une enclume, un marteau et un fer à cheval.

    (D'après « Dimanche Paroissial » du 29 novembre 2009).