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  • Un excellent pédagogue

     

    Il était une fois un professeur-prêtre, titulaire de la classe de troisième moderne à l'Institut Saint-Boniface à Ixelles, dans les années 1952-1953. C'était l'abbé Jean Servais.

    Il devait avoir la quarantaine ou le début de la cinquantaine. De taille moyenne, je l'ai toujours connu en soutane, jamais en clergyman. Le visage grave, il semblait toujours méditer quand notre rang devait attendre son tour, dans la cour de récréation, pour monter en classe au second étage. Il était réservé, intimidant peut-être, mais pas distant et remerciait le « chic type » qui lui posait une question à ses cours ou faisait une remarque judicieuse.

    Son point fort, c'était les maths. Et il se demandait comment faire pour les enseigner avec l'irruption dans les foyers des élèves, dela télévision – grande source de distraction et de dissipation...

    C'était quand même intéressant de voir une équation algébrique: y = ax + b, dessinée, visualisée, matérialisée en une ligne droite, concrète, en abscisses et ordonnées. Et bien plus encore avec la parabole: y = ax2 + bx + c. Génial René Descartes ! L'abbé Servais s'efforçait de nous faire comprendre cette matière en utilisant des craies de couleur. « Voilà, disait-il, c'est en technicolor! »

    Il s'intéressait aussi à l'astronomie. Il évoquait pour nous la navigation maritime au sextant (on était à mille milles du GPS !) . Il défendait l'art gothique: celui des splendides cathédrales.

    Après les mathématiques, il y avait la géographie. Et là, notre professeur nous demandait, au premier cours de l'année, ce qu'il y avait de plus important sur une carte de géographie. Pour les uns, c'était l'hydrographie ou le relief. Pour d'autres, les localités, etc. Nous n'y étions pas. Les données essentielles, ce sont « ces petites lignes »: les latitudes et les longitudes. Si vous êtes par zéro degré de latitude, vous vous situez sur l'équateur et vous aurez chaud. Par contre, vers les 90 degrés de latitude nord ou sud, vous vous rapprochez des pôles et il est temps de se prémunir contre les grands froids.

    Il nous parlait de la relativité des situations. Sur le parallèle de Bruxelles (50 degrés de latitude Nord), il fait nettement moins froid dans notre capitale qu'en Amérique du Nord à la même latitude. L'Europe occidentale bénéficie, en effet, du courant tempéré du Gulf Stream, alors que le Canada et les Etats-Unis subissent l'influence du courant froid du Labrador...

    En littérature française, le programme comprenait le genre épique avec la Chanson de Roland; le roman courtois (Tristan et Yseult), les fabliaux, etc. L'abbé Servais fut le premier à m'intéresser à l'héraldique (l'art du Blason), qui me fascine toujours.

    En histoire, nous découvrions « Les Temps Modernes » avec le livre de J. Schoonjans: la Renaissance, la Réforme, la naissance des Etats, les grandes découvertes, etc.

    L'abbé Servais nous donnait aussi le cours de religion qu'il considérait comme un cours différent des autres. Pour lui, le dogme était le dogme. En revanche, il disait « Fichez-moi la paix avec l'obligation (d'alors) de manger du poisson le vendredi; il y en a qui préfèrent le poisson!... »

    Une attitude l'honorait particulièrement: il s'insurgeait contre le fait qu'on dise que les élèves des humanités modernes ne sont capables que de jouer au football. Il croyait fermement que nous étions aussi parfaitement aptes et ouverts à l'approfondissement et à l'épanouissement spirituel/

    LORD JIM

  • Tour de Périscope- Flash statistiques

     

    Il a été utile, dans la note récente « RECAPITULATION » de décrire – à l'occasion du troisième anniversaire de blog - les grandes parties de son contenu.

    On distingue donc:

    1. Des mémoires d'enfance (1940-1950-) (situées tout au début des archives en juillet-août 2007)

    2. Une nouvelle littéraire : « Atlantique Sud » (une page de l'histoire de l'aviation)

    3. Un essai de nouvelle « historico-littéraire »: »Ecartelés sous le soleil »: un coup de projecteur sur l'Afrique du Nord française en guerre (été 1940) et sur certains aspects de l'Empire Français.

    Pour le seul mois de septembre 2010, ce blog « Quartier des Palmiers » a reçu la visite de 418 personnes distinctes. Le nombre total de visites s'est monté à 1.297. Mais le nombre de PAGES lues, visionnées, parcourues a atteint 10.213 ! Ce qui donne à penser que beaucoup de lecteurs-lectrices ont remonté le blog dans le temps, peut-être jusqu'aux archives de l'été 2007. Je les en remercie chaleureusement.

    Bien à vous

    LORD JIM

  • Attaché à la Belgique

     

    Juriste, pédagogue, magistrat de haut vol et président sortant de la Cour constitutionnelle (ex Cour d'arbitrage), M. Paul Martens est donc admis à l'éméritat. Paul Piret et Jean-Claude Matgen, journalistes à « La Libre », lui ont demandé s'il y avait été heureux.

    Voici la réponse de ce juriste, sorti de l'ULg:

    « Très. Notamment parce que je pense que la Cour a maintenu une certaine cohésion; et qu'elle est l'exemple d'une Belgique qui, tout en pouvant davantage être fédérée, trouve encore des accords. Et puis, je compte parmi ceux qui auraient la nostalgie de ne plus avoir de Belgique. Nous avons un complexe caractérologique commun. Il a créé une activité artistique considérable, que l'étranger commence d'ailleurs à reconnaître: Magritte et Ensor sont des produits du syncrétisme belge. Me dire du jour au lendemain, que je suis dans un pays où il n'y a plus la mer du Nord, Bruges et Anvers, les primitifs flamands, Sabine Appelmans ou Wim Delvoye, cela me ferait de la peine. En plus, j'ai eu un grand-père flamand. J'aurais l'impression de ne plus être son compatriote, par une sorte de déchéance de nationalité a posteriori »