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  • Saint Nicolas à Saint Boniface

     

    Vers la fin des années quarante, à l'Institut Saint Boniface, à Ixelles, c'étaient curieusement, les collégiens qui, le 6 décembre, fêtaient leurs professeurs. A noter qu'à l'époque, le collège n'était peuplé que de garçons et on était bien loin de l'enseignement mixte actuel.

    En 1947, en sixième moderne, les élèves avaient offert je ne sais quel cadeau à l'abbé Besançon, leur professeur titulaire. Celui-ci avait pris la parole non seulement pour remercier mais pour nous demander - « Qui est Saint Nicolas ? ». Et de nous parler de la légende du grand saint protecteur des écoliers. Et de nous avouer que, comme bien des pères de famille, il aurait volontiers joué lui auusi avec le train électrique de ses enfants.

    Une autre année, c'est l'abbé Julien Johnson qui, en ouvrant son cours d'anglais a découvert un paquet de tabac. Alors, l'heure de cours, il l'a passée en souriant en nous apprenant une chanson appartenant je crois,au domaine du « negro spiritual ».

    En quatrième moderne, au début des années cinquante (époque de la guerre de Corée), c'est l'abbé Steinmetz que nous avons fêté, en déposant sur son bureau, une petite boîte cylindrique métallique semblable à une cloche. Lorsque notre titulaire a délicatement soulevé cette sorte de couvercle, apparurent une constellation de cigarettes en cercles et ... un grand sourire de reconnaissance.

    Il faut rappeler que tous ces prêtres portaient la soutane, en ces temps là, c'était tout ce qu'il y a de plus normal.

    Une autre année, les internes du collège ont déposé leurs chaussures à la porte du dortoir. Et ce matin là du 6 décembre, ils y ont découvert chacun un bâton de chocolat.

    Lord Jim

  • Rester chrétien (III)

     

     

     

    La crise de l'Eglise

     

    Dans la barque de l'Eglise, le baromètre indique « Tempête ». Les affaires de pédophilie n'y sont pas pour rien. La houle sévit. De manière générale, le christianisme doit affronter l'indifférence, le mépris voire le soupçon.

    Monseigneur Joseph Doré a publié récemment un livre intitulé « A cause de Jésus ! » En sous-titre, il affirme « Pourquoi je suis demeuré chrétien et reste catholique ».

    Mgr Joseph Doré est sans conteste l'une des voix les plus autorisées du catholicisme français. Théologien de renommée internationale, il a été pendant dix ans archevêque de Strasbourg, avant de démissionner pour raison de santé.

    A travers cette autobiographie intellectuelle et spirituelle, il parcourt toute l'histoire du catholicisme français depuis les années cinquante, puis il entreprend une analyse sans concession des conditions de la foi aujourd'hui. Il n'hésite pas à pointer une crise institutionnelle sans précédent et une crise anthropologique grave. Avec lucidité, il empoigne ce qu'il nomme « les questions qui fâchent » (contraception, regard sur la sexualité, divorce, avortement et euthanasie).

    Avec la même franchise, il aborde également les interrogations que pose L'Histoire (croisades, Inquisition, colonialisme, intégrisme) et celles plus contemporaines que sont l'ordination des hommes mariés, la place des femmes ou le bilan de Vatican II.

    Un livre tonique.

    Monseigneur Joseph Doré - A CAUSE de JESUS ! - Pourquoi je suis demeuré chrétien et reste catholique - PLON - 376 pp. - environ 22 euros

  • Rester chrétien (II)

     

     

    Evêque: une nouvelle vie à 60 ans

     

    Malgré plusieurs refus, le Père Joseph Doré, théologien, finit par accepter de devenir évêque de Strasbourg, sur la demande de la nonciature.

    Et il résume en quelques mots sa vie alsacienne: « Y a-t-il plus grande joie que de recevoir un cadeau auquel on ne s'attendait pas, que d'être comblé d'un bonheur dont on ignorait jusqu'à l'existence ? « (...) Oui, j'ai été dans mon ministère alsacien comblé de grâce ».

    « Et comme les amoureux qui, sans hésiter, prennent tout, la jeune fille, son histoire et sa famille...tout sans inventaire, moi aussi, je suis « tombé en amour » pour tout. L'Alsace, le diocèse, la cathédrale, toute l'histoire, toutes les traditions ».

    Le diocèse est très gros: le deuxième en France après Paris en termes de population totale, avec évidemment beaucoup plus de superficie, et surtout avec un grand nombre de prêtres: presque huit cents prêtres diocésains (novembre 1997), près de deux cents religieux, sept cent soixante-sept paroisses. Ce n'est pas rien !

    Mais il y a aussi le revers de la médaille. Archevêque, J. Doré en première ligne, devient une cible: ce sont des attaques, et puis, la délation, la calomnie, l'abjection, les mensonges, les insinuations.

    Le cardinal Lustiger l'avait prévenu: il y a la croix. « Dans toute vie humaine, on fait l'expérience, dans sa chair, d'une sorte de déploiement du mal ». « A Strasbourg, où j'ai obtenu tant de grâces, où j'ai partagé tant de joies, j'ai aussi reçu les coups les plus terribles, les plus assassins ».

    D'autre part, l'archevêque est finalement victime d'un épuisement extrême. Sa santé, à nouveau, se dégrade fortement.

    Le médecin est catégorique: »Le plus probable est la crise cardiaque, mais vous pouvez être victime de n'importe quel virus, de n'importe quelle affection opportuniste; un organisme épuisé est un terrain de jeu idéal pour la maladie. Les murailles de défense sont abattues, votre corps est comme une ville ouverte devant l'ennemi ».

    Et, après plus de 9 ans quand même, l'archevêque doit quitter sa chère Alsace pour s'installer au Séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux.

    Lord Jim