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  • Garder l'espérance

     

    Parce que le temps de l'Avent est un grand moment de redécouverte du projet de Dieu, il est par excellence le temps des prophètes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Jérémie, Sophonie, Michée pour l'Ancien Testament, Luc et Jean pour le Nouveau seront nos guides.

     

    1er dimanche de l'Avent, C

     

    « Je ferai naître chez David un Germe de justice «  (Jr 33, 15)

     

    Si on y réfléchit, l'expression « Germe de justice » est bien étrange: la justice pousserait-elle comme une plante ? Tout d'abord, selon l'une des particularités de l'hébreu, « Germe de justice » signifie tout simplement « Germe juste ». Ensuite, « Germe » est l'un des noms du Messie que l'on attend encore, même si l'arbre qui est censé lui donner le jour semble bien mort à jamais. Croire en la venue d'un « Germe juste », par conséquent, cest affirmer contre toutes les apparences contraires qu'un jour, plus ou moins lointain, un roi juste prendra le pouvoir à Jérusalem.

    Une telle expression sonne donc comme une résolution, une volonté affichée de garder l'espérance. Mais ce n'est pas tout, car la phrase attribuée ici à Jérémie va encore plus loin. Au chapitre 23 de Jérémie, on pouvait déjà lire: « Voici des jours, déclare le Seigneur, où je donnerai à David un Germe juste (...). Sous son règne le royaume de Juda sera sauvé, et Israël habitera sur sa terre en sécurité ». Si l'on va un peu plus loin dans le livre, au chapitre 33, la même promesse est reprise à l'identique, mais précédée du petit préambule que voici: »Parole du Seigneur: Voici venir des jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël et à la maison de Juda ». L'auteur qui parle ici, et qui n'est pas Jérémie, répète volontairement les promesses adressées au peuple élu par le prophète quelques siècles auparavant.. A une époque où l'on pourrait être tenté de désepérer parce que la royauté n'est pas encore rétablie et semble ne jamais devoir l'être, il s'inscrit volontairement dans l'espérance: puisqu'il s'agit d'une promesse de Dieu, on peut être certain qu'elle se réalisera..

    Marie-Noëlle THABUT

    Laïque et mère de famille, Marie-Noëlle Thabut est bibliste dans le diocèse de Versailles. Avec un grand sens pédagogique, elle fait partager sa passion pour la Bible à travers des formations, des conférences et des voyages. Elle collabore régulièrement à « Panorama », à Radio Notre-Dame et à « Magnificat ».

  • LETTRE OUVERTE

     

    Homme de lettres talentueux et ancien professeur de rhétorique au Collège Saint Michel à Bruxelles, Willy Deweert est l'auteur notamment des « Allumettes de la sacristie » et du « Manuscrit de Sainte Catherine ». Il est l'inventeur du thriller mystique.

    Il publie à présent une « LETTRE OUVERTE A MES AMIS FLAMANDS ». On trouvera l'intégralité de cette missive ci-après.

     

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    Au préalable, je voudrais dire que mes grands-parents maternels étaient de purs Flamands. Pendant 35 ans,j'ai travaillé à Bruxelles. Et je corrobore donc ce qu'écrit Willy Deweert. Je regrette d'avoir perdu le contact avec mes escellents collègues Flamands.

     

    Toutefois, habitant la Wallonie depuis plus de 40 ans, je hume que certains passages de la lettre de Willy Deweert ne feront pas l'unanimité de Tournai à Verviers en passant par Namur, et iront même à rebrousse-poil de certaines sensibilités en terre wallonne, voire, carrément à l'opposition pure et dure dans certaines chaumières ou châteaux abritant des mentalités étriquées, rétrogrades et, plus rarement, sectaires.

    Mais que l'arbre ne cache pas la forêt: il faut serrer les rangs, unir nos stratégies, nos efforts, nos énergies, nos combats dans l'intérêt primordial qui est d'assurer des jours meilleurs à notre merveilleux pays : LA BELGIQUE..

     

    LORD JIM

     

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    LETTRE OUVERTE A MES AMIS FLAMANDS

     

    Ainsi que mon nom l'indique, je suis d'origine flamande. Pendant mon enfanceet mon adolescence, ma grand-mère ne comprenant pas le français, à la maison on parlait ce savoureux patois bruxellois. C'est dire que mes racines, comme celles de nombreux Belges sont bilingues.

    J'éprouve de la tendresse vis-à-vis de votre peuple. Amis flamands, vous êtes bourrésde qualités. De l'humour à revendre; du courage lorsqu'il s'agit de faire front; de la solidarité dans le malheur; un esprit pratique qui permet de s'adapter aux situations extrêmes et un bon sens qui relativise beaucoup de choses. Au contraire du Wallon qui à tendance à compliquer, le Flamand connaît l'art de simplifier sa vie (c'était la clé de son bonheur). Oublions définitivement les dérives collaborationnistes du Nord et du Sud pendant la guerre. Oublions nos différends et nos complexes pour ne garder dans une époque où il faudra serrer les dents que nous ne seons pas trop de Wallons, de Bruxellois, de Flamands pour construire des digues contre le malheur.

    Si on enseignait encore l'histoire de Belgique, nos jeunes sauraient qu'à de nombreuses périodes l'union a fait notre force. Qu'on se dise et se persuade que l'avenir qui se profile est vide des valeurs qui ont fait le Belge.

    Qu'est-ce qui compte aujourd'hui pour une majorité d'entre nous: le profit, la rentabilité (la technologie), le sexe ?

    C'est dans les archives denotre passé que nous retrouvons notre identité, celle qui a fait qu'il nous est arrivé de plier, mais de ne pas rompre. Avec des hauts et des bas, de la sueur et du sang, nous avons lutté pour constituer ce pays.

    S'ils en connaissaient l'histoire, les jeunes découvriraient avec étonnement et fierté les splendeurs de notre civilisation.

     

    Je me souviens de « Pietje », notre professeur de néerlandais au collège, qu'on chahutait à tort, qui, si on le laissait aller, nous initiait avec lyrisme à Stijn Streuvels, à Guido Gezelle, à Marnix Gijsen, à Felix Timmermans? Il nous introduisit à la dimension mystique du peuple flamand qui, depuis Zuster Hadewijk et les béguinages jusqu'il ya peu témoigne de l'autre versant de son identité: un manque qu'ilcache avec pudeur sous des dehors anodins et qui fut la source de tant de chefs-d'oeuvre.

    Ce mélange de réalismeet de profondeur est propre à l'âme flamande. J'ailu et relu autrefois De Witte dont j'éprouvais les sensations (ma déception, lorsque mes parents m'emmenèrent à Sichem, parce que c'était une cité comme les autres) de la même manière que j'éprouvais Le Grand Meaulnes. Quant aux auteurs qui écrivaient en français avec une âme flamande comme Verhaeren, Marie gevers, Maeterlinck, Rodenbach, je les aidés adorés parce qu'ils mettaient en syntaxe la souffrance d'être homme au coeur d'une nature si tristement belle (si bien illustrées par l'école de Laethem-Saint-Martin).

    Quoi qu'on en dise, sous des dehors simples, les Flamands sont un peuple raffiné comme l'était etl l'est toujours le peuple allemand.

    Autant je n'ai toujours pas compris pouirquoi ce dernier s'est laissé ensorceler par un histrion tyrannique et sanguinaire, autant sans faire aucun amalgame, je ne comprends pas pourquoi 40 % de mes amis flamands votent pour un Bart De Wever, populiste, démagogue, sans humour, autoritaire qui s'exprime à coups de slogans haineux et n'a encore rien prouvé si ce n'est qu'il n'aime pas son pays. Il a toujours raison. Qu'on le contre etil crie au complot. Argument classique de ceux qui exerceront un pouvoir absolu s'ils l'obtiennent. J'ai été effrayé par sa mise en scène d'un récent dimanche...et je n'ai pu m'empêcher de songer avec effroi à Nuremberg. Bart De Wever vous conduira à votre perte si vous le suivez

     

    WILLY DEWEERT, écrivain.

  • Des bigarreaux

     

    En juin 1945, une colonne d'Américains « campait » à l'emplacement de l'actuelle avenue Lebon, au milieu des lopins potagers cultivés par tout un chacun. Ces petites parcelles où l'on faisait pousser de bons légumes venaient bien à point pour améliorer l'alimentation quotidienne. (A noter que le parc public de Woluwe Saint-Pierre avait également été transformé en champ de culture horticole et donc perdu bien de ses atours de beau parc d'agrément qu'il possédait avant la guerre - et qu'il a , bien sûr, retrouvé depuis la fin du conflit).

    Le grand cerisier de notre jardin portait ses grappes de bigarreaux jaunes et rouges. Mon père en cueillit un bon panier et contacta les soldats américains qui vaquaient à diverses occupations. Il leur fit goûter nos cerises et les soldats les trouvèrent délicieuses. En échange, ils nous offrirent du chocolat - qui ne valait pas le bon chocolat belge que nous allions découvrir plus tard.. Quand ils apparurent sur le marché, avec leur saveur supérieure, les tablettes et bâtons de chocolat « made in Belgium » nous gratifièrent, en outre, dans leur emballage, d'images très appréciées, collectionnées et échangées: Côte d'Or (images du folklore belge), Victoria (Les voyages de Gulliver, Les Trois Mousquetaires), Jacques (« Notre Congo », les Races humaines), martougin (Sitting Bull), Meurisse, Kwatta, etc. J'entends encore, un élève du collège Saint-Boniface demander à des copains: « - T'as pas des « Sittings » ? à l'heure de la récréation, dans la grande cour, qui grouillait d'élèves.... C'était quand même tellement mieux et innocent que de deviner, dans certaines écoles, un peu partout à l'heure actuelle, même en primaire, des gaillards – mais des enfants quand même - qui recherchent ... de la drogue.... Pour des pères de famille soucieux de leurs gosses...c'est à en pleurer...

    LORD JIM