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  • Hymne de la création (I)

     

    Bénis le Seigneur, ô mon âme;

    Seigneur mon Dieu, tu es si grand !

    Revêtu de magnificence,

    tu as pour manteau la lumière !

     

    Comme une tenture, tu déploies les cieux,

    tu élèves dans leurs eaux tes demeures;

    des nuées, tu te fais un char,

    tu t'avances sur les ailes du vent;

    tu prends les vents pour messagers,

    pour serviteurs, les flammes des éclairs.

     

    Tu as donné son assise à la terre:

    qu'elle reste inébranlable au cours des temps.

    Tu l'as vêtue de l'abîme des mers:

    les eaux couvraient même les montagnes;

    à ta menace, elles prennent la fuite,

    effrayées par le tonnerre de ta voix.

     

    Elles passent les montagnes,

    se ruent dans les vallées

    vers le lieu que tu leur as préparé.

    Tu leur imposes la limite à ne pas franchir:

    qu'elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

     

    Dans les ravins tu fais jaillir des sources

    et l'eau chemine au coeur des montagnes;

    elle abreuve les bêtes des champs:

    l'âne sauvage y calme sa soif;

    les oiseaux séjournent près d'elle:

    dans le feuillage on entend leurs cris.

     

    De tes demeures tu abreuves les montagnes,

    et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres;

    tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,

    et les champs pour l'homme qui travaille.

     

    De la terre il tire son pain:

    le vin qui réjouit le coeur de l'homme,

    l'huile qui adoucit son visage,

    et le pain qui fortifie le coeur de l'homme.

     

    Les arbres du Seigneur se rassasient,

    les cèdres qu'il a plantés au Liban;

    c'est là que vient nicher le passereau,

    et la cigogne a sa maison dans les cyprès;

    aux chamois les hautes montagnes,

    aux marmottes, l'abri des rochers.

     

    Tu fis la lune qui marque les temps

    et le soleil qui connaît l'heure de son coucher.

    Tu fais decendre les ténèbres, la nuit vient:

    les animaux dans la forêt s'éveillent;

    le lionceau rugit vers sa proie,

    il réclame à Dieu sa nourriture.

     

    Quand paraît le soleil, ils se retirent:

    chacun gagne son repaire.

    L'homme sort pour son ouvrage,

    pour son travail, jusqu'au soir.

     

    Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,

    pour les sièclesdes siècles. Amen.

     

    PSAUME 103 (I-II)

     

    « Très-Haut, Tout-Puissant , Bon Seigneur,

    à toi sont les louanges,

    la gloire, l'honneur et toute bénédiction.

    A toi seul, Très-Haut, ils conviennent,

    et nul homme n'est digne de te nommer.

    Loué sois-tu, mon Seigneur,

    avec toutes tes créatures ! »

     

    Saint François d'Assise

  • Alexandre MEN

     

    L'essence de la foi chrétienne, c'est la valeur infinie de la personne humaine. C'est la victoire de la lumière sur la mort et la corruption. C'est le Nouveau Testament qui, tel un chêne, se développe à partir d'un petit gland. Le Nouveau testament fait lever l'histoire comme le levain dans la pâte. Aujourd'hui déjà, le royaume de Dieu se manifeste en secret parmi les hommes. Quand vous faites le bien, quand vous aimez, quand vous contemplez la beauté, quand vous ressentez la plénitude de la vie, le royaume de Dieu vous a déjà touchés. Il n'est pas seulement dans un avenir lointain, pas seulement dans les méditations futurologiques. Il existe déjà ici et maintenant. C'est ce que nous enseigne Jésus Christ. Le Royaume viendra, mais il est déjà venu.Le jugement du monde aura lieu, mais il a déjà commencé. «  C'est maintenant le jugement du monde », dit le Christ, « maintenant », c'est-à-dire lorsqu'il a proclamé l'Evangile pour la première fois.

     

    ALEXANDRE MEN

     

    Prêtre orthodoxe russe, Alexandre MEN (mort en 1990) vivait une spiritualité ouverte aux autres religions et profondément enracinée dans la parole de Dieu et la tradition de l'Eglise. Il est mort assassiné.

    Son livre « Jésus, le Maître de Nazareth » a été tiré à plus de 4 millions d'exemplaires en Russie et traduit en 15 langues.

  • A bicyclette

     

    La chanson, rappelant Yves Montand et sa voix magnifique, évoque des souvenirs bien calés au fond de ma mémoire.

    Dans les années quarante-cinquante, les copains ont commencé à sortir et à rouler à vélo. Je me retrouvais tout seul. Alors que mes camarades pouvaient aller facilement et rapidement dans des endroits plus variés que notre quartier des palmiers: la splendide forêt de Soignes et son arboretum ou encore Notre-Dame de Bonne-Odeur.

    J'ai supplié mes parents. Ils ont été chercher un vieux vélo très lourd, de couleur noire, bref antédiluvien. Mon père m'a appris à rouler en tenant la selle de ce vélo, avenue Lebon, où le trafic était encore nul, la route étant inachevée. Lâché seul, une de mes envolées s'est terminée en me rattrapant in extremis à un jeune arbre là planté

    Un autre jour, en soirée, notre petite bande roulait et « gambadait » en tournant, toujours avenue Lebon – entourée de chaque côté de champs et de jardins. A un moment donné, dans un virage, j'ai mis pied à terre, ce qui me disqualifiait. Dans notre imagination fertile, nous comparions nos vélos à des avions. Dès lors, mon « bombardier » était déclaré abattu.

    Mais je me suis aguerri et finalement, je roulais adroitement et vite, sur des terrains détrempés et striés de traces profondes de pneus de véhicules automobiles.C'était la « jonction », non encore pavée, se situant entre les deux tronçons achevés de l'avenue Lebon.

    La forêt, c'était pas mal surtout en été.

    Mais il y eut d'autres objectifs. Passionnés d'aviation, nous étions attirés par l'aérodrome d'Evere.

    Nous traversions l'avenue de Tervueren, après avoir longé le premier étang du parc de Woluwe – bien avant le dépôt de trams – pour nous engager sur un chemin de terre qui suivait le cours d'un ruisseau d'un mètre de large: la Woluwe. Notre parcours nous menait donc à la fois à Woluwé Saint-Pierre, Woluwé Saint-lambert et, enfin, à Woluwé Saint-Etienne, où nous coupionsla route à trois bandes qui reliait alors Bruxelles (place Meiser) à Leuven.

    Sur le chemin, il nous arrivait de croiser un berger et son troupeau, en plein espace vert, et nous avions l'occasion de jeter un coup d'oeil au vieux moulin à eau – dont le nom est difficile à mémoriser, mais se terminant en « molen ». Parfois, un cheval en semi-liberté nous barrait le passage.

    Passé la chaussée de Louvain, c'était la campagne brabançonne. Notre repaire était un chemin creux dans lequel nous nous « planquions » avec nos vélos pour guetter l'atterrissage des avions. Nous les voyions s'approcher, passer très bas à quelques mètres au-dessus de nos têtes. Le temps de nous retourner vers le talus opposé et les appareils se posaient sur la piste.

    Il arriva une époque où Evere devenait moins fréquenté. Nous décidâmes de rouler plus loin pour atteindre Melsbroek, en essayant de nous rapprocher le plus possible du tarmac pour prendre de belles photos (avec un simple « box Kodak » en noir et blanc) de tous les avions à notre portée. C'était toujours l'âge de l'aviation à hélice avec le ronronnement caractéristique de ce type de moteur.

    En 1968, étudiant à l'ICHEC, j'ai effectué mon stage à la regettée SABENA et j'ai eu l'autorisation de visiter la tour de contrôle de Melsbroek. Ce jour-là, les gars de la tour attendaient avec une attention particulière, la venue d'un avion à réaction de transport civil soviétique, un Tupolev...

    Si je me souviens bien, l'aéroport de Bruxelles a d'abord accueilli des avions à réaction civils russes bien avant l'arrivée des quadriréacteurs Boeing 707 de construction américaine.

    LORD JIM