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  • La conquête arabe.

    Tout d'abord, deux chiffres à méditer.

    L'occupation musulmane de l'Espagne a duré 781 ans.

    Alors que les Romains sont resté en Gaule pendant 500 ans.

     

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    Le Royaume des Wisigoths s'était établi dans la péninsule ibérique et dans l'Afrique du Nord la plus proche, là où vivaient des populations romanisées qui côtoyaient aussi, surtout là où se trouve l'actuel Maroc, des populations berbères.

    Un témoin important est à citer : Augustin (354-430), le futur saint Augustin, évêque d'Hippone (aujourd'hui en Algérie).

     

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    C'est à la fin du printemps 711 qu'une armée arabo-berbère débarqua aux environs de Gibraltar, sous les ordres de Târiq ben Ziyâd, et vainquit le dernier roi wisigoth qui fut tué. Elle était dans la ligne de l'expansion musulmane commanditée par le Califat de Damas ! Elle s'inscrivait dans le mouvement des conquêtes qui vont s'étendre de l'Indus à l'Espagne (VIIe et VIIIe siècles)

    Les Maures conquirent presque toute la péninsule et ne furent arrêtés qu'à POITERS par Charles MARTEL (732).

    Les chrétiens d'Espagne se réfugièrent dans des royaumes indépendants au Nord et à l'Ouest de la péninsule ; cependant que la religion et la civilisation musulmane s'implantèrent dans le reste du pays.

     

     

    Un monde arabe très uni.

     

    Au début des conquêtes, le monde arabe était très uni. Une dépendance politique et morale s'établit et persista pendant longtemps entre les Califats de Damas puis de Bagdad, Kairouan et Cordoue.

    Malgré l'énorme apport des Berbères, les groupes arabes restèrent dominants dans l'Espagne conquise et l'organisation (donc la fidélité) tribale demeurera primordiale.

    La civilisation arabe était unifiée, le Coran rédigé en arabe.

    C'était la période des OMEYYADES (661-750).

    L.J.

  • CORDOUE, L'admirable.

    L'Espagne musulmane, empreinte de tout l'apport des techniques et des arts de l'Orient voit se développer, entre le VIIIe et le XIIe siècle, une culture exceptionnelle et d'avant-garde. Juifs, musulmans et chrétiens y vivent en parfaite harmonie. Les échanges intellectuels sont intenses et féconds.

    L'Andalousie musulmane des neuvième et dixième siècles, était aussi brillante à son apogée que l'Athènes classique ou la Rome impériale.

    Le califat omeyyade de Cordoue était très étendu. Si on y joignait l'Andalousie des émirs omeyyades venus de Syrie (756-929), on se trouvait face à une superficie correspondant aux trois quarts de la péninsule ibérique, Portugal inclus.

    Sous la dynastie des Omeyyades, aux dixième et onzième siècles, Cordoue était, avec ses 300.000 habitants, ses rues pavées et éclairées, ses nombreux bains publics, écoles et bibliothèques, la cité la plus avancée d'Europe.

    Centre de la vie artistique, littéraire et scientifique, sa mosquée recevait des étudiants venus du monde entier.

    On était à un moment clé de l'Histoire, celui où les rives arabe et européenne étaient réunies.

     

    LORD JIM

  • De l'aventure risquée à la Fraternité universelle.

    Issu d'une famille originaire du Périgord et appartenant à la vieille noblesse française (plusieurs ancêtres ont participé aux Croisades), Charles de Foucauld est né à Strasbourg le 15 septembre 1858.

    Enfant intelligent et curieux, Charles ne se passionne guère pour l'école et à l'adolescence, malgré une éducation religieuse, il se décrit comme agnostique. Ce révolté de naissance entame une carrière militaire, comme officier. Mais cette période de sa vie est surtout marquée par un goût pour l'extravagance, la débauche et l'indiscipline dont l'armée s'accommode mal, ainsi que par une profonde tristesse à la suite du décès de son grand-père – Charles du Morlet, qui l'avait élevé après la mort de ses parents.

    Foucauld finira par quitter l'armée en 1882 pour voyager et donner un sens à sa vie. Ce sont d'abord douze mois d'explorations dangereuses au Maroc, encore largement inconnu, en compagnie d'un guide, le rabbin Mardochée Aby Serour. Foucauld lui-même se fait alors passer pour un juif pour se fondre dans ce pays interdit aux chrétiens. Les renseignements géographiques et ethnographiques qu'il ramène lui vaudront de nombreuses distinctions à Paris.

    Conversion.

    Mais la question de Dieu commence alors à tarauder l'aventurier. Après plusieurs voyages au Maroc et dans le sud algérien et tunisien, il revient à Paris, où il rencontrel'Abbé Huvelin, et sa vie bascule. Il a alors 28 ans. A la suite d'un pèlerinage en Terre Sainte, Charles de Foucauld entre au monastère trappiste de Notre-Dame-des-Neiges, dans l'Ardèche. Puis, en 1890, il rejoint la Trappe d'Akbès en Syrie, pour « imiter Jésus », disait-il. Mais au bout de sept années, cette vie de trappiste ne répond plus à ses désirs. Il la trouve encore trop « confortable » alors qu'il veut vivre plus profondément encore la pauvreté.

    Prêtrise.

    Après un nouveau séjour en Terre Sainte où il mènera une vie d'ascèse poussée à l'extrême, il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 à Viviers, et la même année se rend en Algérie. Il s'installe à Beni Abbès, à la frontière marocaine. Il veut être « bon comme Jésus. » Sa fraternité est une maison ouverte à tous : chrétiens, musulmans, juifs. Il rachète des esclaves...

    Tamanrasset.

    A partir de 1905, il s'installe à Tamanrasset. C'est ici qu'il apprend la langue des habitants de la région, les Touaregs. Pendant une terrible période de famine, ces derniers le sauveront de la mort. Un événement qui va changer profondément l'attitude de Foucauld à l'égard de ce peuple qu'il ne cherche plus à convertir, mais à aimer. « Nous sommes tous frères », répétait-il inlassablement.

    Il sera pourtant trahi par l'un de ses frères, laissant derrière lui un héritage considérable, aussi bien scientifique que spirituel.

    Décembre 1916, à 58 ans, Charles de Foucauld est assassiné dans son ermitage. Il fut victime de la guérilla qui régnait à cette époque en plein Sahara. Il a accepté la protection d'un fortin édifié à proximité du village pour sa sécurité et celle des gens du village. Le 1er décembre, à la tombée de la nuit, un groupe armé de la Senoussiya (une confrérie musulmane venue de Libye), se fait ouvrir la porte du fortin. Le religieux est tiré hors de sa demeure, jeté à terre et il tombe à genoux, en prière, sous la menace d'un fusil. L'arrivée de deux tirailleurs algériens surprend le groupe. Une fusillade s'ensuit et, dans la panique, le jeune nomade qui tient le prisonnier sous son arme l'abat d'une balle dans la tempe.

     

    Cent ans après sa mort, l'esprit de Frère Charles inspire toujours ceux qui font le choix de porter l'évangile aux marges de la société, aux quatre coins du monde.

     

    Source : de larges extraits d'un article de Pierre GRANIER dan l'hebdomadaire « DIMANCHE », numéro 40 du 13 novembre 2016.