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Du "Bon Sauvage" aux peuples premiers.

« Nous, nous vivons sur le mode «  Je pense donc je suis » issu de la pensée cartésienne ; les Kogis, comme toutes les sociétés reliées, sont plutôt sur le mode du « Tu es donc je suis ».L'autre me renseigne sur ce que je sais pas de moi. » Eric Julien, qui a vécu parmi ce peuple de Colombie, relaie aussi son interpellation : « Votre premier travail, c'est de faire la paix avec la Mère Terre ».

Pourquoi la paix ? Parce que les Occidentaux ont établi un rapport de prédation avec la nature. Il s'agit pour eux de se l'accaparer, de la maîtriser, de l'exploiter sans limites.

 

A l'opposé, les peuples appelés « premiers » ou « racine » sont dans un rapport filial à la Terre, dans un lien de gratitude et de respect parce que c'est elle qui leur donne de vivre. Ils ont le sentiment de lui appartenir, non d'en être propriétaires. Ils font partie de la grande communauté des vivants, à égalité de destin avec les animaux, les plantes, le cosmos entier.

 

Sagesses d'ailleurs pour vivre aujourd'hui.

 

Le témoignage d'Eric Julien est l'un de ceux recueillis par Frederika Van Ingen dans son livre, »Sagesses d'ailleurs pour vivre aujourd'hui » (Paris, Les Arènes, 2016 ; 26,80 EUR). La journaliste a rencontréune dizaine de ces voyageurs qui ont pris le temps de vivre avec l'un ou l'autre de ces peuples. De partager leur quotidien, mais aussi leurs rituels et leurs fêtes. Plusieurs d'entre eux ont ainsi été initiés par des chamanes ou des hommes-médcine. L'une a connu les transes provoquées par un tambour en Mongolie. Une autre a participé, au Pérou, à des diètes de plantes ou à la prise d'ayahuasca. Certains ont expérimenté les chants navajos et sibériens ou la danse du soleil des Sioux, la roue-médecine des Pueblos ou le cercle du bonheur des Maasaï. Chacun a accepté de se décentrer, de « désapprendre », de remettre en cause ses évidences d'Occidental rationnel qui ne croit qu'à ce qui est visible ou prouvé.

 

La journaliste, qui place la quête de sens et la guérision du lien (à soi, à la nature, au collectif) au coeur de son action, les considère comme des « passeurs » entre le monde de ces populations et le nôtre. Des passeurs qui, selon le voeu d'Eric Julien, entendent « inventer un troisième monde dans lequel nature et modernité pourraient être porteurs d'une nouvelle alliance. »

 

Les clés de l'équilibre.

 

Frederika van Ingen présise : « Il ne s'agit pas de se déguiser en Indiens, ni de revenir à des modes de vie semblables à ceux de nos lointains ancêtres. Notre propre évolution et nos savoirs sont aussi des richesses. Mais manifestement, nous avons perdu les clé s del'équilibre. Ces peuples, aussi différents que soient leurs cultures, ont conservé, inscrites en elles, ces clés universelles qui mènent au coeur de l'homme, de la vie, et dont nous avons besoin aujourd'ui. »

 

Source : article de Joseph DEWEZ, paru dans le magazine »L'APPEL » de janvier 2017.

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