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Corridors de vie nouvelle sous lignes à haute tension.

En 6 ans, l'équipe du « Life » a prouvé que la vie pouvait renaître sous les lignes à haute tension en conciliant intérêts économiques et protection de la nature. Lancé fin 2011 et financé par l'Union Européenne, la Région wallonne et les deux gestionnaires du réseau belge (Elia) et français (RTE), ce projet de restauration de la biodiversité a dépassé ses objectifs et remporte trois prix. Pour Gérard Jadoul, le coordinateur général, créer des corridors écologiques sous les lignes à haute tension est tout bénéfice pour les acteurs locaux, les entreprises et la nature.

 

Pour gérer les kilomètres de lignes à haute tension, il ne faut pas que des arbres touchent les câbles.En zone agricole, il n'y a pas de problème, ce sont les vaches oules moissonneuses qui gèrent la végétation entre les pylônes mais quand les lignes traversent des forêts, les gestionnaires de réseau sont confrontés à une végétation dynamique et habituellement, leur réflexe c'est de détruire périodiquement. Ce gyrobroyage a évidemment un impact sur la biodiversité et sur les paysages. Il y a aussi un coût élevé que l'opérateur électrique répercute sur la facture du client.

 

Le principe du projet « Life ».

L'idée est de sécuriser le réseau en restaurant une végétation basse qui n'atteindra pas les lignes à l'âge adulte. A ce jour, 250 000 arbres ont été plantés. Nous restaurons des habitats comme des landes, des prairies ou des tourbières et proposons à des éleveurs de laisser paître des vaches rustiques qui pratiquent la fauche sous les lignes. En fonction de l'habitat, on essaie de trouver quelqu'un qui pourrait assurer le mode de gestion idéal, comme un agriculteur à la recherche de nouveaux terrains. Le projet permet d'allier une opportunité écologique à une opportunité pour un acteur local et l'entreprise.

 

Aujourd'hui, on a aménagé plus de 150 kilomètres de couloirs de 50 mètres de large, soit une superficie globale de 440 hectares, surtout en Wallonie où la couverture forestière est plus importante.

 

Que sont ces couloirs écologiques ?

 

Depuis les années 70, tous les pays d'Europe ont été dans une logique de création de réserves naturelles, comme une mise sous cloche d'une partie de nature, mais la biodiversité continue malgré tout à s'enrichir. La nouvelle logique est celle de corridor, une liaison entre tous ces endroits.

On se rend compte que les lignes électriques, et pourquoi pas demain le réseau gazier ou ferroviaire, pourraient jouer ce rôle de corridor écologique s'ils étaient gérés différemment. Grâce à ces liaisons, les ANIMAUX et les POLLINISATEURS peuvent circuler.

 

Le RETOUR de certaines ESPECES.

 

Pour certains groupes, on a mis au point des suivis d'indicateurs pour les populations de papillons, de chauve-souris, de libellules ou d'oiseaux. Il ya des groupes qui réagissent très vite, comme les batraciens qui viennent immédiatement si l'on creuse une mare. Des espèces ABSENTES comme le nacré de la ronce et l'azuré du trèfle, des papillons, sont revenues ; mais pour d'autres groupes comme les oiseaux, il faudra attendre que le paysage ait son aspect définitif, soit une dizaine d'années pour que les arbres poussent. On observe toutefois des oiseaux nicheurs ou chasseurs de gros insectes s'installer dans les corridors.

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