vue d'ensemble des visiteurs nouveau visiteurs visiteurs connus littérature, journalisme, livres, revues alphacentauri UA-35 UA-35
Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Décollage

D’un pas alerte et décidé, deux hommes vêtus de cuir foulent l’herbe couverte de rosée. A leur montre il est cinq heures trente. L’aurore colore de rose et de pourpre quelques cirrus très haut dans le ciel. La brume émousse et adoucit les reliefs et confère à la campagne environnante une agréable tonalité impressionniste. Les étoiles ont abandonné un dernier quartier de lune à l’ouest. En face, l’horizon s’embrase peu à peu de la palette des rouges et or du soleil levant.

Le nez petit, le menton fendu et volontaire, Lionel, le pilote enveloppe sa superbe chevelure blonde et ondulée dans son serre-tête.

Geoffroy, le navigateur, observe encore attentivement le robuste biplan - un Bréguet 19, baptisé « L’Epervier » - dans lequel l’équipage va s’installer.

Les voilà dans le cockpit. C’est le grand départ.

Quelques parents, des amis familiers entourent l’appareil. Un mécanicien précieux et dévoué procède aux derniers contrôles. Pas pour longtemps. Il lance l’hélice qui part à la première sollicitation . Le moteur de 500 chevaux crache de la fumée bleue, vrombit puis ronronne régulièrement. L’herbe se couche sous le vent de l’hélice. Les deux hommes saluent de la main une dernière fois.

Geoffroy, assis à l’arrière, ne quitte pas des yeux sa femme, Françoise, une jolie brune, qui tente de dissimuler son inquiétude. « Blackie », leur chienne, tire tant qu’elle peut sur sa laisse et pousse des cris plaintifs.

Le risque est présent dès le décollage. Le biplan, bourré de 3.000 litres d’essence va-t-il s’arracher du sol ?

Lionel constate avec plaisir qu’un léger vent d’ouest se lève et fait onduler la manche à air rouge et blanche. Dommage qu’il soit un rien en travers de la piste herbeuse.

A suivre

Lord Jim

Écrire un commentaire

Optionnel